Fakear a sorti « a nice place to be » le 4 septembre, chez Nowadays Records. Treize titres, un seul invité, et une tournée qui est passée par l’Olympia avant de s’arrêter au Bikini le 15 octobre. On l’a capté avant son live.

« Je me sens pas trop rattaché à la French Touch »

C’est la phrase qu’on n’attendait pas d’un producteur français, sept albums au compteur. Pas de provocation, un constat : « C’est l’Angleterre, quoi. »

Fakear n’a pas grandi avec la French Touch. Il a commencé la musique électronique par le trip-hop de Bristol, puis Ninja Tune. Et il n’était pas seul : Superpoze, l’autre électronicien de Caen, celui avec qui il s’est lancé, était « biberonné à ça » lui aussi. Deux gamins normands qui regardent de l’autre côté de la Manche plutôt que vers Paris. Il y voit même une logique géographique : la Normandie fait face à l’Angleterre. Et quand il a commencé la musique, Caen était pleine de groupes de rock.

D’où la formule qu’on a mise en titre : « Je suis un peu un Frenchie qui fait de la crème anglaise. » Elle est dans l’extrait vidéo ci-dessus.

Fakear vu en contre-plongée, sweat camouflage, sur un ciel bleu et rose Titre : Fakear – portrait presse 2026
Fakear. Photo : Côme Savéan – Nowadays Records

Une exception quand même, qu’il cite de lui-même : « Discovery ». « Un ovni », dit-il. On y reviendra, parce que ce qu’il aime dans ce disque n’est pas ce qu’on croit.

Trois morceaux qui ont failli ne pas y être

L’album était terminé bien avant sa sortie. La tracklist était bouclée, la date fixée. Puis la tournée a tout décalé, et Fakear s’est retrouvé avec du temps devant lui et des morceaux qu’il continuait d’écrire.

Trois titres ont été rajoutés à la dernière minute : « EMOTE », « see u smile (all of my love) » et « l’aube ». Il jouait déjà « EMOTE » et « see u smile » en DJ set. Pour trancher, son équipe a fait voter les abonnés de son canal Instagram : quel morceau vous verriez sur l’album ? « see u smile » est ressorti en tête.

Il ne regrette rien. « EMOTE » est devenu le titre le plus club du disque, « see u smile » celui que le public a choisi. Pour lui, ce sont deux morceaux « hyper forts ». On lui avait demandé le morceau viré à la dernière minute. Il nous a donné l’inverse.

Le disque de la crise d’ado

« a nice place to be » est présenté comme un album autobiographique. Fakear le confirme, et il le raconte comme un film : un gamin qui grandit en banlieue d’une grande ville, qui fait du skate, qui écoute du rock et du punk. Le disque en garde la teinte, « un peu brut, un peu punk », et des moments presque drôles.

Il a une formule pour résumer le changement. Avant, Fakear était un enfant qui aimait les dinosaures, les animaux, la nature. Sa musique peignait des paysages, au premier degré. Celui-ci est « un disque de la crise d’adolescence » : aux prises avec les émotions, avec les gens, avec l’amour, avec la question de s’accepter dans le monde.

Son label le présente comme le premier album où Fakear parle de lui.

Un seul invité, trouvé à Montréal

Treize titres, un seul featuring : Jesse Mac Cormack, sur « go away ». L’histoire tient en une semaine. Fakear était à Montréal pour jouer à l’Igloofest, avec des jours libres devant lui, et l’envie de faire quelque chose sur place. Il aime la scène électronique montréalaise, il regarde qui est autour.

Jesse Mac Cormack l’intriguait « depuis un bail », déjà par son personnage. Un type drôle, avec une aura à part, et beaucoup de talent. Ça a cliqué vite, instinctivement. Ils ont fait deux morceaux : un est sorti chez Jesse, l’autre est « go away ».

Le live, et la suite

Voltage l’écrivait avant l’Olympia : un live plus brut, plus club que les tournées précédentes, qui mélange les titres dancefloor, des passages calmes et les anciens morceaux. La tournée se termine le 6 novembre au Cargö, à Caen. Chez lui.

De notre côté, il reste de l’interview. Ce qu’il pense vraiment de « Discovery » et pourquoi ça passe par le Japon, La Lune Rousse douze ans après, son premier job, et un jeu qu’on a appelé « nice place or not ». Un extrait par semaine, sur le compte.

Interview réalisée au Bikini, à Ramonville, le 15 octobre 2026, avant le concert. Merci à son équipe et à celle du Bikini et de Bleu Citron. Les propos ont été légèrement raccourcis à l’écrit.

« a nice place to be » est disponible depuis le 4 septembre chez Nowadays Records.

Smiley en métal fondu sur fond blanc, visuel de l’album a nice place to be de Fakear
« a nice place to be », Fakear (Nowadays Records, 2026)
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